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25 mai : 20h30 : gros
bombardement lointain, le débarquement doit être imminent.
26 mai : 13h20 : bombardement
sur la banlieue Ouest.
30 mai : 12h37 : encore une
alerte, la cinquième.
6 juin : les Anglais ont
débarqué ce matin 40 000 hommes par parachute, rien que dans le
Calvados ... donc le fameux débarquement est fait. Nous nous
attendons à être sévèrement réprimés par les Allemands.
12 juin : 20h12 : alerte
13 juin : réunion à la
Croix-Rouge où le maire du 8ème a annoncé que nous aurions dans sept
jours la cuisine roulante et les restaurants communautaires pour
tout le monde. |
25 juin : la gare de Versailles
a été bombardée. 250 morts et 500 blessés.
5 juillet : Villeneuve
Saint-Georges, les ateliers de Villeneuve voiture : 113 morts, la
voie, les ponts, les wagons ... tout est en l'air. Une bombe à
retardement explose, 3 ouvriers de l'organisation Todt sont blessés.
7 août : notre équipe est
convoquée à la Mairie de Saint-Ouen; une gigantesque colonne de
fumée s'élève à plus de mille mètres d'altitude, dans une rue une
conduite de gaz crevée flambe, dans la gare de marchandises 5
trains, environ 60 wagons, brûlent.
11 août : Aujourd'hui,
officiellement les Américains sont à Rambouillet, on entend le canon
à Chatou. |
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Jeudi 17 août : Ce matin les
troupes blindées américaines ont atteint Etampes. Rambouillet est
définitivement pris. Depuis un jour la police est en grève. Plus un
agent. Le poste de police est fermé.
Réunion avec Mr Dasset, maire du 8ème
pour l'application du plan de détresse pour le ravitaillement. Un
plat cuisiné et un casse-croûte par jour. On demande des secouristes
pour remplacer les agents au service d'ordre pour les distributions
des cartes de plats cuisinés. On me demande au comité pour dresser
la liste des boulangers qui pourraient recevoir une affiche pour
annoncer un supplément de légumes.
Deuxième réunion avec Mr Dasset qui
nous annonce qu'à 3 heures, convoqué à l'Hôtel de Ville, on lui a
dit : "Soyez là demain pour recevoir les Américains". Rentré
à la mairie, il était convoqué à nouveau 5 minutes plus tard. On lui
annonce autre chose de définitif et, si cela est vrai, eh bien, hip!
hip! hourrah! c'est fini.
"Paris est déclaré ville sanitaire.
Les Allemands doivent avoir complètement évacué la ville samedi
et dimanche matin, les premières formations sanitaires américaines
seront là ainsi que la police nécessaire au bon ordre. Donc, Mr le
Maire, soyez prêt pour dimanche matin".
Telles sont les magnifiques nouvelles.
Si elles sont vraies, c'est splendide, car aujourd'hui voici où nous
en sommes : plus d'électricité, plus de gaz, plus de métro, plus de
police française, presque plus de trains, plus de facteurs les
postes sont fermées. Bientôt l'eau manquera. C'est presque une
époque de famine, de siège, que Paris risque de vivre si les
Américains n'entrent pas dimanche ou lundi. Les agents se battent
contre les Allemands, et aussi les groupes de résistance, les
Français au service des Anglais, qui par leur dévouement et leur
abnégation ont grandement servi leur pays, leur beau pays de France
qui depuis 4 ans était envahi et qui maintenant est à la veille
d'être délivré par les Américains.
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21h00 : les Allemands se sauvent
littéralement; ils déménagent de partout; ils ont l'air triste,
harassé, dégoûté de tout C'est dur, quand on a conquis un pays,
d'être obligé de le rendre à son légitime propriétaire. Tout cela,
tous ces deuils de par la bataille, tout causé par un seul homme :
Hitler qui a voulu tout et n'a rien eu et va perdre son pays. Vive
Dieu. ! Vive la France ! Vivent nos libérateurs !
22h00 : Les convois de départ. De
tous les hôtels ils sortent, débraillés, sales et s'en vont dans
toutes sortes de véhicules. J'en vois même un en ce moment qui passe
avec une charrette à bras. C'est "leur" déroute comme en 1940 nous
eûmes la nôtre. Dans le nord-ouest on entend de nombreuses
détonations sourdes et le ciel s'illumine souvent du feu de nombreux
projecteurs. Le front probablement, mais un front peu stable.
22h50 : Dans le prolongement de la rue
de Rome, de grandes lueurs illuminent le ciel tandis que, toutes les
2 ou 3 minutes, de très violentes détonations, longues et sourdes,
secouent l'atmosphère. Au moment de l'explosion on voit une grande
gerbe de flammes. Ce sont des réservoirs d'essence qui brûlent puis
explosent. Sont-ce les Allemands qui les font sauter ou la
Résistance ? Je n'en sais rien. Mais c'est un signe certain du
départ des Allemands. Je ne me coucherai pas cette nuit pour
entendre et voir.
22h58 : Déjà de
temps en temps des coups de feu éclatent dans les rues, je ne sais
pas si demain nous pourrons sortir. Peut-être la Croix-Rouge et
encore. |
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Vendredi 18 août : Je
pars au comité C.R.F (Croix-rouge française)
du 8ème, convoqué avec Michel Feller à la mairie.
9h30 : Nous partons ensuite pour
donner aux boulangers du quartier des affiches pour un supplément
municipal de légumes.
10h00 : On entend de sourdes mais
violentes explosions : encore des réservoirs qui sautent.
11h00 : Accomplissons notre mission.
Place Saint-Augustin, les Allemands ont installé un canon antichar
et deux tanks attendent dans une rue voisine qu'on ait besoin d'eux.
13h05 : En revenant par le boulevard
de Courcelles on voit derrière le Sacré-Coeur un incendie monstre.
La fumée est rousse à liseré blanc et monte au moins à 1000 ou 1500
mètres.
14h00 : Place Saint-Augustin, des
convois entiers stationnent : bd Malesherbes, bd Haussmann, ave
César Caire, et attendent leur tour pour venir évacuer le Cercle
militaire. Ils emportent tout. Ils ont même le culot de se servir
d'un tapis persan comme couvre moteur d'un camion !!! C'est fou le
déménagement qu'ils font. En général ils sont sales et n'ont pas
l'air aimable. Des voitures rapides parcourent Paris à toute vitesse
avec sur les garde-boue deux Allemands, mitraillettes au poing,
prêts à tirer.
14h15 : Retour à la permanence du
8ème. Sommes à la disposition du maire, Mr Dasset.
16h00 : On nous
appelle à la mairie. Le couvre-feu vient d'être fixé de 21h00
jusqu'à 6h00 du matin. Or, s'ils doivent être partis, comment
pourront-ils assurer la police de vérification jusqu'à 6h00 ? Enfin,
ne cherchons pas à comprendre. |
16h45 : On nous apporte des affiches
qu'il faut aller coller dans des lieux où elles soient visibles pour
que les gens puissent savoir l'heure du couvre-feu. Nous
accomplissons notre mission.
20h00 : Nous sommes de retour. Tout
est collé. Les Allemands demeurent toujours.
21h10 : Aucune patrouille ne circule
dans la rue déserte, sauf quelques concierges qui ne peuvent rester
dans leur loge et quelques personnes aux balcons.
21h40 : L'incendie très violent dure
toujours. De fortes explosions dont on voit d'abord au loin une
grande lumière accompagnant une gerbe de flammes ébranlent toujours
l'atmosphère.
21h45 : Une dizaine de coups de feu
éclatent soudainement du côté du bd des Batignolles. Tous les gens
rentrent d'un coup.
21h57 : Les gens ressortent.
21h58 : Une patrouille passe. Les
Allemands nous somment de fermer les fenêtres, sans quoi ils vont
tirer. On boucle.
22h01 : Encore quelques coups de feu.
Pourvu qu'ils ne tuent pas trop de monde. A moins que ce ne soient
les F.F.I qui s'offrent un carton sur les patrouilles.
22h02 : Encore un coup de feu dans le
bas de la rue de Rome. Depuis aujourd'hui plus de journaux.
22h15 : D'immenses lueurs illuminent
le ciel.
22h17 : D'un camion
qui descend, partent deux coups de feu. On entend un lointain et
fort roulement, probablement celui des convois quittant la capitale.
Nous verrons si demain ils sont encore là. |
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Samedi 19 août : Les F.F.I se
battent contre les Allemands aux Batignolles. Cela mitraille dur,
car on entend des rafales de mitraillettes et même je crois qu'un
canon antichar mêle ses détonations à la bagarre. Les membres de la
Défense passive ont un brassard tricolore, avec F.F.I. Nous pensons
peut-être en avoir.
10h45 : Plus rien de spécial.
11h05 : La mitraillade se rapproche.
Beaucoup de rafales.
11h15 : Grosse rafale de mitrailleuse,
pas loin.
11h16 : De fortes détonations
continuent. La rafale était place Saint-Augustin. Nous sommes prêts
à partir. La Résistance occupe la mairie du 8ème. Gare à la bagarre
!
11h45 : Parti chercher ma bicyclette.
11h46 : Cela se bagarre toujours.
11h47: Le drapeau tricolore flotte sur
la CPDE. (CPDE : Compagnie
parisienne d'électricité)
11h48 : Fortes détonations.
11h49 : On se bat place de la
Madeleine, place de la Concorde. On entend le canon.
11h50 : Place Saint-Augustin, les
Allemands mitraillettes au poing, font feu sur les gens.
12h00 : La rue prend un aspect
d'émeute tout à fait inconnu. On se bat, paraît-il, aux
Champs-Elysées.
12h30 : On se bat rue Cambon, bd
haussmann. Le téléphone n'arrête pas.
12h35 : Cela se
bagarre un peu partout. |
13h00 : Officiellement couvre-feu à
2h00.
13h10 : On entend le canon du front
qui se rapproche rapidement. Je rentre déjeuner et à 14h00 je serai
de retour au comité. Nous y resterons jusqu'à demain matin
probablement. Nous pensons que les Américains viendront cet après
midi à Paris.
14h15 : Coups de feu assez nombreux.
14h16 : On entend un bruit de convoi.
15h10 : Les Américains sont à
Saint-Cloud et à Asnières. Ils attendent que les Allemands soient
partis pour entrer.
17h00 : Rafales de mitraillettes;
assez grosses détonations; le canon mêle les siennes au bruit
général de la bagarre.
17h30 : Nous partons faire une ronde
pour voir l'effet des coups de mitraillettes.
18h00 : Nous passons à la Concorde.
18h15 : Nous passons
devant la mairie du 17ème; elle est occupée par la D.P
(défense passive) avec brassards F.F.I.
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18h26 : Nous sommes de retour au
comité.
18h27 : Nombreux coups de feu du côté
de Saint-Augustin.
18h29 : Je pars seul pour voir où en
sont les choses. Rien.
18h30 : Rafales de mitraillettes du
côté de la gare Saint-Lazare.
18h30 : Pendant 2 ou 3 minutes,
crépitements.
18h30 : On nous
téléphone qu'il y a de la bagarre rue Boursault. Les moulins à café
continuent.

angle rues Boursault/Batignolles
18h40 : Bagarre bd des Batignolles. On
part. Orsini, Hébert, Martin et Jean Pacquard, à vélo, à pied.
18h50 : Arrivons par la rue de Berne
au bd des Batignolles.
18h52 : Nous rentrons hâtivement. Les
Allemands tirent dans tout ce qu'ils trouvent sur le boulevard. Ça
pète.
18h53 : Nous montons dans une maison
d'angle, 39 rue de Moscou. Nous sommes enfermés dans la maison, au
3ème étage. Les Allemands tirent toujours. Ils gardent les rues.
18h55 : Cela se tasse.
18h56 : La Résistance repart,
retranchée derrière les camions au coin du bd et de la rue, le long
de la voie. (la voie de chemin de
fer Paris Saint-Lazare).
19h06 : Les Allemands placent un canon
de 25mm. Cela tire toujours.
19h07 : Cela se calme.
19h08 : Les Allemands gueulent.
19h09 : Alerte ! Jean Pacquard fait un
pas de danse. Cela tire de temps en temps ... Qu'est-ce qu'ils
gueulent ! Paf ! Boum ! Les mitrailleuses jumelées bavardent. Les
Allemands remontent dans leur camion. La Résistance a, paraît-il,
une automitrailleuse.
19h35 : Sommes de
retour au comité. Repartirons dans 20 minutes.
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20h35 : Je rentre chez moi. Un enfant
de 16 ans, muni d'un brassard, a été tué devant la pharmacie Bailly.
Il s'agit du jeune
Jean Perrin, élève du Lycée Fénelon, qui était revenu de la campagne
où la famille s'était réfugiée. Il accompagnait son père, ingénieur
à la SNCF et lieutenant des F.F.I qui venait prendre part à
l'insurrection et qui sera blessé lui aussi.. Jean Perrin,
transporté à l'hôpital Necker décèdera le lendemain.
Georges Bailly, fils
du pharmacien installé au bas de la rue de Rome, face à la gare
Saint-Lazare, s'illustrera lui aussi pendant la libération de Paris
dans les rangs des secouristes...]
21h00 : La bagarre continue. Un camion
est arrêté au milieu du boulevard. Les F.F.I sont barricadés dans le
lycée Chaptal et, du côté faisant le coin du boulevard des
Batignolles, ils tirent sur les Allemands.
21h10 : Un Allemand s'écroule.
21h15 : Un autre veut le relever ...
Pan ! Touché aussi. Il n'est pas chic de tirer sur quelqu'un qui
vient en sauver un autre.
21h20 : Les F.F.I se précipitent et
font prisonniers ce qui reste comme Allemands, et emmènent le
camion.
21h30 : Les pompiers viennent éteindre
un incendie, rue Boursault. Cela pétarade toujours. Tout véhicule ou
camion allemand qui passe, est littéralement mitraillé, canonné.
21h30 : Des voitures allemandes
passent rue de Constantinople; elles passent vite et tirent dans les
fenêtres. Dans la rue, on voit l'éclatement au sortir du fusil
mitrailleur. Je rentre précipitamment, mais pas assez vite pour
qu'il n'y en ait pas un qui ne m'ait visé et raté; car la balle est
passée au dessus de la maison.
21h30 : La bagarre continue, très
violente dans tout le quartier. Les crépitements et les éclatements
n'arrêtent pas. Cela promet. Les Allemands deviennent fous furieux
qu'on leur résiste.
21h40 : Un canon monte la rue.
Attention ! Drum ! Rafale ! Nos persiennes sont fermées; il est trop
dangereux de rester sur le balcon. Des rafales très fortes de
mitrailleuses éclatent très souvent dans tout le quartier.
22h00 : La mitraillade est très
violente; on entend monter un tank; s'il n'est pas F.F.I, qu'est-ce
qu'il va prendre ! Rien ! Curieux.
22h30 : Je vais me coucher. S'il y a
quelque chose, je le noterai. Je tombe de sommeil. On n'entend
presque plus rien.
22h40 : Une détonation de canon.
23h00 : On voit de grands éclairs qui
illuminent le ciel et la rue. De temps en temps, on entend des
détonations sourdes. Canon ou orage ? Orage. Les éclairs ne
discontinuent pas. On entend aussi de temps en temps le canon.
23h50 : Quelques
très violents coups de feu isolés. |
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Dimanche 20 août 1944 : Arrivé
à 7h00
7h40 : Téléphone pour prendre un
blessé, 93 rue de Rome. Nous passons sur le boulevard des
Batignolles. Devant la Croix-Rouge, cela tire sur la gauche. Une
blessée aux yeux au 4ème étage. La conduisons à H.E.C, poste de
secours rue de Tocqueville. On nous relève et on la descend au sas.
Nous attendons que les premiers soins soient donnés pour reprendre
le brancard. On va évacuer la blessée à l'hôpital Bichat. Il est
8h40. Sommes de retour au comité à 9h00.
9h55 : Quelques détonations, peut-être
aux Batignolles où les Allemands ont installé des barricades. Rien
de spécial. Quelques coups de feu.
12h30 : La bagarre reprend au
carrefour Batignolles. Cela fait Drummm.
13h30 : Une mitrailleuse fait rage.
Cela tape dur mais pas plus d'une minute.
13h35 : J'apprends que, depuis
quelques temps, les FFI se sont emparés d'un char Tigre (*)
13h40 : Encore quelques coups de feu
dont un assez près. En effet, il y a un camion citerne que les
Allemands veulent emmener pour eux mais on leur tire dessus de la
poste centrale de la rue de Berne et ils ne peuvent pas l'emmener.
14h50 : Grosse détonation.
15h00 : L'armistice est signé entre
les FFI et les Allemands.
16h50 : Sommes place Villiers. Un
camion plein d'Allemands en armes, qui ne veulent pas se laisser
désarmer. Les FFI, munis d'une Citroën, armés de fusils et de
mitraillettes, veulent tourner le camion. Le camion part, poussé par
quelques Allemands, et enfin par son moteur. Il s'engage dans
l'avenue de Villiers, suivi par une foule toujours plus intense qui
hurle et qui trépigne. Les FFI lui font signe de se taire et nous
demandent de les aider à la contenir; chose difficile, mais nous y
arrivons. Les FFI ayant enfin fait comprendre aux Allemands qu'il
fallait se rendre, ceux-ci comprennent et crient avec allégresse : "Fertig".
Les FFI se tassent dans le camion; un de leurs chefs monte sur une
auto, fait un speech à la foule et le camion part vers la mairie du
17ème. Nous décidons d'y aller. |

(*) Un char a bien été pris sur les
Allemands par les FFI, mais il s'agit d'un Somua de fabrication
française. Il est immédiatement marqué aux couleurs de la
Résistance. Sur la photo nous reconnaissons, en chemise claire et
accroché à la tourelle, Georges Dukson, le "Lion du 17ème". (lire
l'épisode ...]
)

17h30 : Feller, Lagneau, Leroux,
Pecquet, Touche, nous partons à la mairie du 17ème.
17h40 : Arrivés tout près de la
mairie, une foule énorme hurle de joie. Des drapeaux français,
anglais. Des FFI font le service d'ordre; nous retrouvons Jacques
Robert, qui entre dans la mairie et qui en ressort quelques instants
après, deux grenades passées au ceinturon. Il nous crie d'aller en
chercher. Nous entrons. J'étais un peu excité. Pour peu, s'il y en
avait eu, j'en aurais pris. Heureusement ils n'avaient plus d'armes.
18h00 : Quelle rumeur ! Quel
va-et-vient ! Quels hurlements ! Exclamations ! |
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18h10 : La grande porte s'ouvre. Qui
va entrer ? Je me le demande. Oh ! Ca alors ! C'est une femme
conduite par deux FFI, la tête complètement rasée et une croix
gammée noire sur le haut de la tête; une chemise blanche avec une
croix gammée devant et derrière. Dans la rue plusieurs camions
allemands gisent sur le bord du trottoir, calcinés, et les gens
sautent dessus et crient.
18h30 : Un homme vient dire : Mon
concierge est collaborateur, venez l'arrêter. Réponse : Trois hommes
pour aller arrêter le concierge du tant de la rue X .. Cette
atmosphère me dégoûte; c'est celle de la basse vengeance. Feller,
Pecquet s'en vont. Je reste avec Lagneau.
18h55 : Je m'en vais, moi aussi, en
emportant un carburateur que j'ai trouvé là.
19h15 : Suis au comité.
19h17 : Deux FFI, en moto, viennent au
coin de la rue de la Bienfaisance et de la rue de Vienne pour
arrêter un collaborateur. Ils l'emmènent sur la moto; un des FFI est
armé d'une mitraillette.
20h30 : Je rentre.
22h00 : Une immense colonne de fumée
monte dans l'ouest, accompagnée de nombreuses explosions qui
illuminent le ciel. Cela dure jusqu'à 23h55.
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Au cours de mes recherches, j'ai
relevé dans le quartier ce jour-là :

Roger Salomez
: 40 ans, FFI mortellement blessé 77 rue des Dames.

Simone Collet,
épouse Jaffray : 28 ans, domiciliée rue Lamarck dans le 18ème, agent
de liaison de l'état-major FTP, mortellement blessée 18 rue
Jacquemont.

Robert Desmonnet :
32 ans, FFI mortellement blessé devant l'école d'institutrices, 10
rue de Boursault.
et encore :
Gérard Kast : âgé de 17ans, mesurant
1m60, cheveux bruns coupés en brosse, vêtu d'un pantalon de ski,
d'une chemise de couleur bleue et d'une canadienne beige, disparaît
dans le secteur Batignolles/Clichy. Son père, fabricant joaillier,
domicilié 8 rue Tronchet dans le 8ème, fera paraître un avis de
recherches dans la presse le 17 septembre 1944.
Maurice Decrocq
: 61 ans, tué 9, rue de Turin. |
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Jean-Claude
Touche n'écrit rien à la page du lundi 21 août 1944.
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ce 21 août, André Calmel, équipier de premiers secours du 17ème
secteur de la Défense passive, tombe devant le 53, rue des Dames. |
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