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La caserne Prince Eugène, une forteresse
(suite)
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Depuis l'aube les F.F.I progressent lentement par les toits, sur les trottoirs par bonds de porte en porte. Ils arrivent de toutes parts. Les servants des pièces allemandes, installées au débouché des avenues, sont des cibles de choix mais causent des pertes sévères aux assaillants qui les encerclent. Manifestement ils n'ont pas l'intention de se rendre aux "terroristes". Certains tentent de s'enfuir par une bouche de métro. Ils seront mis hors de combat par des groupes de F.F.I qui ont envahi les souterrains. Le capitaine Lebert est allé en personne réclamer des renforts à l'Hôtel de Ville et revient avec environ cent cinquante hommes.
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Roger Parisot, 27 ans, est tué 54 rue Albert Thomas |
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Le sergent des F.F.I René Joly, 32 ans et le caporal-chef des sapeurs pompiers de Paris Roger Lemaire, 40 ans, sont tués sur les toits du 27 rue du Château d'Eau en tentant de débusquer des tireurs isolés. |
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Roger Legall, 26 ans, F.F.I du groupe Rex République tombe 11 rue du Faubourg du Temple. |
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Le lieutenant Michel Tagrine, alias "Barbier", est mortellement atteint alors qu'il se porte au secours de blessés 17, rue du Faubourg du Temple. Violoniste de l'orchestre Munch il est entré dans la Résistance en 1941 et a déjà été blessé le 20 août.
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Alfred Ozrout, 34 ans, et Thomas Rizzoli, 41 ans, FFI du 11ème arrondissement; Roger Guimet, 20 ans, mortellement atteint 31 boulevard du Temple et décédé quelques instants plus tard au poste de secours de la rue de Turenne; Albert Lecocq, 42 ans, tué 30 rue Volta. |
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La compagnie des F.F.I de Montgeron qui a tenu une barricade
carte des combats (Edith Thomas "La libération de Paris") agrandir...]
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La nasse se resserre. Les soldats allemands sont obligés de se réfugier dans la caserne. Mais, postés aux fenêtres, ils tiennent encore la Place sous leurs feux. L'entrée principale est trop étroite pour envisager un assaut de la part des F.F.I. Ce serait suicidaire. Les hommes continuent de tomber... |
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Marcel Henriot, 24 ans, et Raphaël Bilke, 41 ans, de la 1ère Compagnie des Milices patriotiques, sont tués à l'angle du boulevard Voltaire. |
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Charles Daguet, 29 ans, F.F.I du quartier Saint Ambroise, tombe devant le porche d'entrée. |
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Serge Montalbetti, 19 ans, F.F.I du groupe "Jean" du 2ème Régiment Armor, est mortellement touché devant le 26 Faubourg du Temple. |
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Jean Ponsard, 24 ans, sapeur-pompier de Paris et Robert Kalman, 21 ans, adjudant des F.F.I, sont tués sur la Place devant le numéro 8. (lire : ]) |
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29, boulevard Saint Martin des tireurs isolés font des ravages. Cinq civils ont été tués ou mortellement blessés. Le brancardier de la Défense passive Pierre Dupont, âgé de 38 ans et père de cinq enfants, est tué en se penchant sur l'un d'entre eux. Un groupe de gardiens de la paix grimpe sur les toits pour pourchasser le ou les tireurs. Maurice Lamy, 29 ans, reçoit une balle en plein coeur. |
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L'inspecteur de police Maurice Giquel, 33 ans, est touché à 16h30 par le tir d'une mitrailleuse postée aux fenêtres de l'hôtel Moderne. Il est hospitalisé à Saint Louis où, ne se remettant pas de ses blessures, il finira par mourir le 4 avril 1945.
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En fin d'après midi sont abattus par une rafale de mitrailleuse sur le terre-plein central : -Emile Jeanne, 33 ans -Noël Blachier, 36 ans -Henri Dausset, 43 ans tous les trois F.F.I du groupe Sébastopol du 3ème arrondissement.
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Capturé à l'hôtel Meurice, le général Von Choltitz a signé sa capitulation à la Préfecture de police. Il s'est engagé dans ce document à donner l'ordre à ses troupes de se rendre. Plusieurs officiers de la 2ème Division blindée accompagnés d'officiers allemands font le tour des derniers points de résistance pour diffuser cet ordre et obtenir la reddition des derniers combattants. Le lieutenant de vaisseau Vivier, du R.B.F.M, et un officier allemand, agitant un drapeau blanc, s'approchent de la statue de la République et annoncent au microphone de leur véhicule que le combat doit cesser. Un parlementaire sort de la Caserne. Les F.F.I qui n'ont pas tous compris le message continuent leurs tirs. Le lieutenant Vivier remonte alors dans son char et entreprend un tour complet de la Place en agitant un drapeau tricolore et en criant qu'il faut cesser le feu. Quelques balles allemandes lui font écho. Le calme s'établit enfin et la garnison se rend. Elle compte plus de cinq cents hommes. A 19h30, le gardien de la paix Jean Legrand, 44 ans, a une jambe écrasée par un véhicule de la 2ème Division blindée qui pénètre en trombe sous le porche. Il décèdera des suites de son opération le 19 décembre 1945.
Le lendemain 26 août on découvrira, sommairement enterrés dans la cour en terre battue, les cadavres de huit hommes : |
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Claeysen |
Louis Claeysen, 33 ans, gardien de la paix porté disparu au cours de l'attaque de Radio-Paris sur les Champs-Elysées dans la nuit du 17 au 18 août. Envoyé pour récupérer des armes au commissariat du 12ème, il a été arrêté près de la Porte Saint-Martin.
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| Roger Savin, 24 ans, gardien de la paix porté disparu le 19 août lors d'une attaque de la Préfecture de Police. | |
| Jean Creignoux, 26 ans et Charles Lelièvre, tous deux membres du groupe Sébastopol du 3ème arrondissement. | |
![]() Collibeaux |
Quatre inconnus non identifiés dont deux pourraient être André Collibeaux et Raymond Perretin, gardiens de la paix portés disparus lors de l'attaque de Radio-Paris comme Louis Claesen. |
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Selon divers témoignages, Creignoux et Lelièvre auraient été attirés dans un piège et seraient entrés dans la Caserne où ils auraient été fusillés immédiatement. |
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La dernière victime de la Place de la République sera Jeannine Floquet, 19 ans, étudiante en cardiologie et agent de liaison des Milices Patriotiques du 11ème arrondissement, mortellement blessée le 26 août par une balle perdue lors de la tentative d'interception d'une voiture allemande s'enfuyant de Paris par l'Est, à l'angle de l'avenue Parmentier. Elle décèdera le 10 septembre à l'hôpital Tenon.
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